
Les concerts de quintettes de cuivres sont généralement aussi variés que réjouissants, et celui-ci ne déroge pas à la règle. Mené par la trompette solo de l’Orchestre, Fabien Bollich, cet ensemble réunit des musiciens aussi talentueux que complices. Leur alchimie sur scène, nourrie par des années de pratique commune, donne vie à un programme aussi éclectique que captivant. De Giles Farnaby, compositeur qui fait la transition entre Renaissance et baroque, à la Suite impromptu d’André Lafosse (1996), près de cinq cents ans sont parcourus. Un demi-millénaire pour nous rappeler que les cuivres, bien au-delà de leur éclat parfois sonore, peuvent endosser tous les rôles. Ils nous entraînent dans des danses d’auberge avec Daniel Speer, dans un sabbat de sorcières avec Moussorgski, dans un jive endiablé avec Paul Nagle et dans un tourbillon de rythmes avec West Side Story. Mais ils nous dévoilent aussi des visages plus intimes, notamment dans la superbe « Élégie » de la Suite impromptu.
