[Note musicologique]

Young Appollo

L’ouvrage fut composé au début de l’exil de Britten qui avait quitté l’Angleterre en avril 1939, avec son compagnon, Peter Pears, pour le Canada. Pièce relativement brève, Young Apollo réunit un quintette (piano, deux violons, un alto et un violoncelle) placé au devant de l’orchestre symphonique.

La tonalité de La majeur illumine les premières mesures de la partition. D’une folle énergie, elle s’ouvre sur les battement des cordes et d’immenses arpèges au piano. La partie confiée au soliste impressionne par sa virtuosité. La danse qui célèbre la jeunesse et la grâce, devient de plus en plus hymnique et aboutit à une cadence du clavier. Le mouvement transmet une joie irrépressible, tempo allegro molto. Les cordes multiplient les techniques de jeu, irisant l’espace sonore. Le piano ne cesse d’interpeler les autres pupitres comme pour mieux dialoguer avec eux. L’œuvre se conclut dans un moderato suivi d’un lento.

Créé le 27 août 1939 avec le compositeur au piano, Young Apollo ne connut qu’un succès éphémère. Britten en fut en grande partie responsable, délaissant la partition qui lui rappelait le choix délicat qu’il devait prendre : retourner en Angleterre, qui était entrée en guerre et, par conséquent, risquer d’être mis en prison en raison de ses idées pacifistes, ou bien rester aux Etats-Unis. En 1942, il choisit de revenir dans sa patrie.