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Le Festin de l’Araignée – Albert Roussel

Albert Roussel

(1869-1937)

Le Festin de l’Araignée Op.17 : fragments symphoniques

 

Date de composition : 1912-1913

Date de création : Le ballet pantomime fut créé le 3 avril 1913, au Théâtre des Arts, sous la direction de Gabriel Grovlez et dans une chorégraphie de Léo Staats.

 

I. Prélude

II. Entrée des fourmis

III. Danse du papillon

IV. Eclosion de l’éphémère

V. Danse de l’éphémère

VI. Funérailles de l’éphémère

VII. La nuit tombe sur le jardin solitaire

 

C’est auprès de Vincent d’Indy, à la Schola Cantorum, à Paris, qu’Albert Roussel trouve les moyens de traduire en musique son imagination fantastique. Toutefois, il se lance assez tardivement dans l’écriture orchestrale. Panthéiste de la Nature, refusant toute musique figurative ou à programme, il invente des couleurs qui lui sont propres, utilise avec maestria des harmonies audacieuses, souvent à la frontière de l’atonalité. Son œuvre symphonique est dominée par quatre symphonies ainsi que des ballets et, dans une moindre mesure, une œuvre concertante rare mais de grande qualité.

On doit au mécène Jacques Rouché (1862-1957) la commande du ballet Le Festin de l’Araignée. Le spectacle est destiné au Théâtre des Arts, à Paris (aujourd’hui le Théâtre Hébertot) que Rouché, industriel fortuné, loue plusieurs saisons de suite. Il y attire de nombreux artistes. Sa passion pour la musique lui vaut d’être nommé, en 1913, à la tête de l’Opéra de Paris. Il en devient l’un des plus remarquables directeurs durant plus de trente ans.

 

L’argument du Festin de l’Araignée est né de la plume du comte Gilbert de Voisins d’après les Souvenirs entomologiques de Jacques-Henri Fabre. Cette histoire poétique, féerie animalière nous ouvre les portes d’un espace miniature. C’est la journée d’un coin de jardin avec les combats d’insectes, la cruauté, l’héroïsme d’un monde qui ressemblerait étrangement au nôtre. Minuscules atrocités et méditation sur la destinée humaine…

 

L’araignée s’apprête à festoyer, mais elle est tuée par une mante religieuse. Les funérailles d’un éphémère referment l’œuvre à la tombée du jour. « En dehors de l’araignée qui est à la fois un rôle de mime et un rôle de danseur ou de danseuse, il y a deux sujets principaux, l’éphémère et le papillon, dont les danses sont assez développées… » indique le compositeur lors de l’élaboration du livret.

La finesse des timbres témoigne de l’influence des écritures de Debussy et de Ravel, mais aussi de d’Indy. Finesse nullement impressionniste car le rythme pointilliste si particulier de Roussel s’impose avec des couleurs d’un raffinement enchanteur.

 

Lors de leur création en 1913, les fragments symphoniques de l’œuvre connurent un succès immédiat. « J’ai écrit très rapidement ce petit ballet, je ne prévoyais certes pas la fortune qu’il devait avoir plus tard au concert et je ne considérais cela que comme un divertissement sans grande portée » reconnut Albert Roussel. Tout le monde peut se tromper…