Felix Mendelssohn
(1809-1847)
Variations Sérieuses op. 54
Date de composition : achèvement le 4 juin 1841
Date de création: 27 novembre 1841
17 Variations enchainées
Né dans une famille de banquiers d’origine israélite convertie à la religion luthérienne, Félix Mendelssohn fut à la fois pianiste, altiste, organiste… Mais aussi peintre, sportif accompli et un passionné de voyages ! Humaniste, farouche européen avant l’heure, le compositeur livre une œuvre dont on apprécie enfin l’importance dans l’Histoire de la musique. La fraîcheur d’invention de son écriture démontre tout autant la maîtrise précoce des formes les plus subtiles, comme elle témoigne d’une personnalité hors du commun. L’influence de Beethoven, une insatiable curiosité à l’égard des maîtres du passé sont perceptibles dans la musique de Mendelssohn qui recouvre tous les genres musicaux.
Au piano, Mendelssohn invente un univers de la miniature sonore qui culmine dans les Lieder ohne Worte (Chants sans parole), 48 pièces regroupées en six cahiers édités et composés entre 1832 et 1845. Ces improvisations couchées sur le papier révèlent les préoccupations esthétiques du musicien. De nombreuses influences son réunies, de Carl Maria von Weber à Ludwig van Beethoven en passant par Domenico Scarlatti et Georg Friedrich Haendel. Quant aux Variations sérieuses op. 54, leur complexité et leur inventivité rendent hommage à Jean-Sébastien Bach tout en pressentant l’écriture de Johannes Brahms.
Les 17 Variations “Sérieuses” en ré mineur sont spécifiées comme telles par un compositeur qui souhaite ainsi démarquer sa partitions des fantaisies ou airs à la mode. Son modèle est celui des Variations sur un thème original en ut mineur de Beethoven que nous venons d’entendre. La référence à son illustre aîné s’explique d’autant plus aisément que le bénéfice de la commercialisation de la partition éditée à Vienne en 1842 servit à l’érection à Bonn, d’un monument à Beethoven.
Mendelssohn s’en tient à la seule tradition classique, rigoureuse sur le plan de la forme et de l’écriture. Pourtant, que d’inspirations, que de nouveautés dans cette page qui n’utilise finalement qu’un thème anodin et d’une grande simplicité ! D’une virtuosité impressionnante, l’œuvre manie avec subtilité toute la complexité du choral sans perdre son inépuisable fantaisie : Perpetuum mobile des 3e et 4e variations, Agitato dans la 5e, étude pour les accords dans la 12e, Presto du finale… qui plus est, le compositeur, dévoile dans ses variations, une richesse d’expressions proprement stupéfiante : la plainte, la colère, la mélancolie, l’exaltation…
Mendelssohn pose un jalon important dans l’histoire du piano romantique, une sorte de « pont » entre les Variations Goldberg de Bach, les Variations Diabelli de Beethoven et les divers cycles de variations de Brahms.