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Un Monde nouveau – Camille Pépin

Camille Pépin

(1990)

Un Monde nouveau

 

Date de composition : Automne 2023. Commande de l’Orchestre national d’Île-de-France

Date de création : 13 septembre 2024 par l’Orchestre Victor Hugo de Besançon sous la direction de Jean-François Verdier dans le cadre du Festival International de Musique de Besançon

 

Un seul mouvement

 

La compositrice Camille Pépin a étudié au Conservatoire de Paris notamment auprès de Guillaume Connesson, Marc-André Dalbavie et Thierry Escaich. Lauréate de plusieurs prix dont le Grand Prix Sacem Jeune Compositeur puis de l’Académie des Beaux-Arts en 2017, elle est nommée, en 2020, « Compositrice de l’année » aux Victoires de la Musique Classique. En 2024, elle remporte le Grand Prix Sacem de la Musique Classique Contemporaine.

Spécialiste de l’écriture pour orchestre, sa musique est interprétée par de prestigieuses formations parmi lesquelles le Boston Symphony Orchestra, le Chicago Symphony Orchestra, le BBC Symphony Orchestra, le BBC Philharmonic, le Sydney Symphony Orchestra, le Deutsche Symphony Orchester Berlin, le Frankfurt Radio Symphony ou encore l’Orchestre Philharmonique de Radio France, sous la direction de chefs parmi lesquels Alain Altinoglu, Elim Chan, Mikko Franck, Ben Glassberg, Jun Märkl, Kent Nagano, Sakari Oramo, Leonard Slatkin et Simone Young.

 

Quelle est la genèse de Un Monde nouveau ?

 

Il s’agit d’une commande de l’Orchestre national d’Ile-de-France et elle aurait dû être créée en janvier 2024 par cette formation. Suite à un décalage de programmation, elle ne sera jouée par le commanditaire qu’en octobre 2026 sous la direction de Case Scaglions. Afin d’éviter que la pièce ne soit créée que deux ans après sa composition, l’ONDIF a gentiment accepté que l’Orchestre Victor Hugo de Besançon en assure la création mondiale au Festival International de Musique de Besançon en septembre 2024, sous la direction de Jean-François Verdier.

 

En regard du titre de la pièce, de quel « nouveau nonde » s’agit-il ?

 

Je savais que ma pièce serait donnée avant la Symphonie n°9 “Nouveau Monde” de Dvorak et il m’a été demandé d’y faire référence « à ma façon ». J’ai donc choisi d’utiliser quelques motifs de la symphonie, de les transposer dans mon langage, notamment sous forme de motifs traités de manière répétitive. Mais la référence au Nouveau Monde est différente ! En effet, ma pièce parle d’un monde imaginaire dans lequel la Terre a trouvé des solutions pour survivre, pour se transformer à partir de ce qui a été détruit. Les motifs musicaux sont donc utilisés également de manière organique et découlent les uns des autres.

 

Après votre œuvre Inlandsis, vous abordez à nouveau une thématique liée à la protection de la nature. De quelle manière votre engagement inspire-t-il votre écriture ?

 

C’est un engagement que je porte depuis toujours. Ayant grandi à la campagne, la nature est pour moi essentielle. Elle représente aussi une grande source d’inspiration. À mon échelle, observer ses changements m’attriste et me donne envie d’agir, même s’il ne s’agit que d’écrire une partition. Inlandsis auquel vous faîtes référence est une œuvre sombre, évoquant la dramatique fonte des glaces en Antarctique. J’ai eu envie de continuer à traiter le sujet avec cette fois-ci, une vision optimiste. Un Monde Nouveau est donc une pièce qui repose sur l’espoir et je l’ai conçue dans le même cycle d’œuvres qu’Inlandsis. À ces deux pièces s’ajoute une dernière œuvre: Ce que raconte le vent… Ce concerto pour flûte et harpe évoque l’augmentation des vents et des messages qu’ils portent partout dans le monde.

 

Comment définiriez-vous la forme de l’œuvre ? La considérez-vous comme une ouverture de concert ou bien un poème symphonique précisément dans l’esprit des poèmes symphoniques ou des ouvertures de Dvorak ?

 

J’ai pensé cette pièce en ouverture de concert. Elle peut être jouée avec l’intégralité du cycle climatique que j’ai conçu ou séparément ou bien encore avant la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak !

 

Votre pièce est profondément narrative, portée par le violoncelle puis les bois, ce qui est aussi une caractéristique de l’écriture du compositeur tchèque. Par la suite, la texture rythmique se densifie. Peut-on dire que le rythme porte une forme d’espoir ?

 

Absolument, la pièce est basée sur l’espoir. L’espoir que notre belle planète « trouve » une solution à ses problèmes.

 

Comment définiriez-vous votre esthétique musicale actuelle ?

 

J’ai l’impression d’être la moins bien placée pour répondre à votre question ! Ma musique est fortement influencée par le courant répétitif américain et l’impressionnisme français (Steve Reich et Claude Debussy). Mon langage orchestral est fondé sur la couleur et le mouvement. Mes œuvres ont une dimension narrative voire même sensorielle. Un Monde nouveau s’inscrit dans la continuité de mon répertoire. C’est aussi ma première œuvre pour orchestre d’une durée aussi courte. Je me souviens avoir éprouvé des difficultés pour qu’elle soit assez efficace : en dire assez et ne pas en dire trop. Il est compliqué de développer plusieurs idées en cinq minutes seulement !