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D’un Matin de Printemps – Lili Boulanger

Lili Boulanger

(1893-1918)

D’un Matin de Printemps

 

Date de composition : 1917-1918

Date de création de la version orchestrale : 13 mars 1921, au Théâtre national de l’Opéra de Paris par l’Orchestre des Concerts Pasdeloup sous la direction de Rhené-Baton.

 

Marie Juliette Olga dite “Lili” Boulanger fut la première femme à obtenir, en 1913, le prestigieux Prix de Rome. Son père, Ernest Boulanger avait été, en 1835, lauréat de ce même prix. Quant à la mère et la grand-mère de Lili, elles furent de remarquables chanteuses. Enfant surdouée, mais d’une nature fragile sur le plan de la santé, elle poursuivit des études auprès de Louis Vierne, Marcel Tournier et Alphonse Hasselmans. Tout aussi talentueuse à l’orgue, au piano, au violon, au violoncelle et à la harpe, Lili Boulanger se révéla être également une excellente chanteuse. En 1912, elle entra dans la classe de composition du Conservatoire de Paris. Elle obtint le Prix de Rome et étudia auprès de Gabriel Fauré avant de devenir une compositrice reconnue et dont les œuvres furent régulièrement jouées. Consciente de l’évolution rapide et inéluctable de la maladie de Crohn qu’elle avait contractée, elle mourut en mars 1918. Toute sa vie durant, sa sœur cadette Nadia Boulanger qui fut une personnalité extraordinaire du milieu musical international, n’eut de cesse de promouvoir la musique de Lili.

Plusieurs versions de la pièce D’un Matin de Printemps existent, soit en musique de chambre (pour violon ou flûte et piano, en trio avec piano) et, enfin, dans une mouture pour orchestre. L’orchestration fut réalisée en 1918. Le titre de l’œuvre suggère un optimisme momentané de la jeune compositrice face à sa santé des plus fragiles. Une danse alerte, un scherzo aux couleurs impressionnistes et dans la veine de l’écriture de Debussy, encadre un passage calme (« mystérieux, expressif, rubato »). Les cordes offrent une mélodie ample et lyrique qui prend de plus en plus de force et dissimule une sourde menace. Il ne nous reste en mémoire que l’étrangeté de cette brève page musicale apparemment charmante grâce à son atmosphère joyeuse et primesautière.