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Concerto pour violoncelle et orchestre en sol majeur n°2 Op.126 – Dimitri Chostakovitch

Dimitri Chostakovitch

(1906-1975)

Concerto pour violoncelle et orchestre en sol majeur n°2 Op.126

 

Date de composition : Achèvement en avril 1966, à Yalta. Dédiée à Mstislav Rostropovitch

Date de création : 25 septembre 1966, à Moscou, par Mstislav Rostropovitch et l’Orchestre symphonique d’Etat d’URSS dirigé par Evgeny Svetlanov

 

Trois mouvements :

I. Largo

II. Allegretto

III. Allegretto

 

Pour Chostakovitch, il est indéniable que ses collaborations avec le violoniste David Oïstrakh et le violoncelliste Mstislav Rostropovitch revêtent une importance considérable dans sa production musicale.

Le jeune violoncelliste s’était déjà lié d’amitié avec Serge Prokofiev, l’incitant même à composer plusieurs pièces pour son instrument. Chostakovitch reconnut les mérites de son confrère dans une interview parue en 1959 dans la revue Sovetskaïa Kultura : « J’ai eu l’idée de mon concerto pour la première fois en entendant la Symphonie Concertante pour violoncelle et orchestre de Serge Prokofiev. Elle m’intéressa grandement et éveilla en moi le désir de m’essayer aussi à ce genre. ». Les deux concertos pour violoncelle sont dédiés au jeune violoncelliste.

 

Le Concerto en sol mineur vit le jour entre deux symphonies tragiques : la Symphonie n°13 “Babi Yar” et la Symphonie n°14. Chostakovitch séjournait alors dans un sanatorium. Le concerto est profondément imbibé des atmosphères et de l’écriture des œuvres symphoniques de cette époque. L’œuvre s’ouvre par un prélude lent, Largo, dont le violoncelle expose le thème lugubre. Le xylophone et la harpe illustrent un paysage décharné et d’une ampleur lyrique remarquable. Les phrases sont étirées par le jeu des percussions. Il s’agit d’une complainte du violoncelle à laquelle les instruments graves de l’orchestre tentent de répondre sans parvenir à instaurer un véritable dialogue. Ce climat d’une grande gravité est soudainement interrompu par des bois aigus et un xylophone, dont la stridence donne un relief des plus terrifiants. Comme saisi, le violoncelle fait entendre précipitamment une ribambelle de guirlandes rapides. C’est une vaine excitation et après un coup de grosse caisse, l’instrument soliste reprend son monologue désolé… toujours aussi imperméable aux instruments environnants. Au fil du temps, le désespoir cède la place à la résignation.

 

Les deux mouvements suivants sont enchaînés. Le premier Allegretto est un scherzo sarcastique et macabre. Les traits du violoncelle imitent quelque personnage éméché. La tension ne cesse de croître comme si le violoncelle combattait seul face à la masse dispersée des pupitres de l’orchestre : bois, cuivres et percussion ne cessent d’harceler son discours.

 

Une fanfare de cuivres où trônent les cors introduit le finale, Allegretto. Il y a la volonté d’un pastiche reposant sur comptine enfantine. Il s’agit ni plus ni moins que d’un pied de nez, aux nuances barbares. Moussorgski n’aurait pas renié une telle ironie. Le soliste tente d’échapper à ces assauts, tantôt par des phrases d’un lyrisme intense, soutenu par la flûte traversière, entre autres, tantôt par une fébrilité rythmique qui joue du thème principal présenté en tous sens. En vain. La voix grave, résignée et épuisée du violoncelle referme la partition, accompagnée par le ricanement du tam tam et du xylophone.