Agenda

Cinq Novelettes, suite pour quatuor à cordes op.156 G.54 – Alexander Glazounov

Alexander Glazounov

(1865-1936)

Cinq Novelettes, suite pour quatuor à cordes op.156 G.54

 

Date de composition : Années 1880

Date de création: inconnue

 

I. Alla spagnuola

II. Orientale

III. Interludium in modo antico

IV. Valse

V. All’Ungherese

 

Glazounov fut l’élève préféré de Rimski-Korsakov. En 1905, il prit la direction du Conservatoire de Saint-Pétersbourg. La première période créatrice du musicien fut marquée par l’influence nationaliste du Groupe des Cinq composé de Mily Balakirev, Modeste Moussorgski, César Cui, Nikolaï Rimski-Korsakov et Alexandre Borodine. Ses œuvres symphoniques et ses ballets notamment (il ne composa pas d’opéra) témoignent de son extraordinaire connaissance de l’orchestration. En 1928, il émigra à Paris.

Dès les années vingt, Glazounov fut accusé de représenter un académisme « post-tchaïkovskien ». L’expression n’est pas exempte de mépris. Elle met au pilori la production considérable d’un musicien doué d’une superbe inventivité, mais qui eut le malheur de ne pas renier les formes classiques. Certes, Glazounov fut aussi violemment réfractaire aux nouveaux langages du début du 20e siècle, mais il apporta une synthèse nécessaire entre l’école « nationaliste » de Saint-Pétersbourg et « l’occidentalisme » des musiciens moscovites. Les générations suivantes furent contraintes de se positionner par rapport à son écriture et malgré leurs ressentiments à son égard, Stravinsky, Chostakovitch, Prokofiev et Miaskovski reconnurent ce qu’ils lui devaient.

Les Cinq Novelettes composent une suite de pièces dites « de salon ». Ces miniatures associent danses populaires et réminiscences de folklores exotiques dont la bourgeoisie et la noblesse russe étaient friands. Chaque morceau caractérise des atmosphères différentes. Le premier évoque une Espagne imaginaire au rythme incisif quand le deuxième joue de couleurs et de rythmes considérés comme « orientaux ». Par contraste, l’Interludium in modo antico se révèle un instant contemplatif avant l’élégante Valse. Le finale ne pouvait qu’être enjoué, reposant les rythmes enlevés et les pizzicati des cordes dans le style folklorique hongrois.