Ludwig van Beethoven
(1770-1827)
32 Variations en ut mineur sur un thème original WoO 80
Date de composition : automne 1806
Date de création: fin de l’année 1806
32 Variations enchainées
Automne 1806. Pour Beethoven, c’est l’époque de la composition de la Symphonie n°4, mais aussi du Concerto pour violon. Le compositeur choisit un thème dont il reconnaît qu’il est « à la Haendel », le musicien qu’il estime le plus grand de tous les temps et dont il dit qu’il « rêve de pouvoir s’agenouiller sur sa tombe». Il s’agit donc d’un thème baroque, qui se prête admirablement par sa forme, à une série de variations et à l’étude sur le matériau sonore à la fois sur le plan rythmique et harmonique. Beethoven nous livre une partition expérimentale et curieusement, il ne souhaita pas lui donner de numéro d’opus comme si elle ne devait pas quitter sa table de travail.
Le thème est assez spectaculaire et, d’emblée, il saisit l’auditeur par une sorte de chaconne héroïque, une forme bâtie sur une ligne de basse invariable. C’est l’idée d’un ostinato, d’une pulsation obsessionnelle avec des séries de notes répétées, rapides et dynamiques.
Le thème est également solennel. Il permet de courts et abrupts silences, une dramatisation des effets, des contrastes violents dans les tempi. La virtuosité réside aussi dans les changements abrupts de caractères spécifiques et précis : leggiermente, sempre staccato e sforzando, dolce, risoluto…
Les variations sont regroupées par séries, certaines fluides, d’autres heurtées. Assurément, il y a une dimension symphonique dans l’expression et la densité de cette musique qui ne doit laisser aucun répit non seulement à l’auditeur mais aussi à l’interprète! Autant d’effets qui sont la signature de l’énergie combative de Beethoven.