
Leonora, Cléopâtre, Juliette : ce concert brosse les portraits de trois femmes particulièrement fortes. Il faudrait inclure avec elles Augusta Holmès et Mel Bonis, qui durent tant lutter pour s’imposer dans le monde musical français de la fin du XIXe siècle : la première ne fut longtemps que la mère des Filles de Catulle Mendès, un tableau de Renoir exposé à New York ; et Mel Bonis raccourcit son prénom de Mélanie pour tenter de masquer sa nature féminine. Dans ce déploiement de romantisme et d’opulence sonore, Rachmaninov n’est pas en reste. Là aussi se dessine une figure féminine : l’illustre début de ce concerto reste attaché pour l’éternité à la séduction torride de Marilyn Monroe dans Sept Ans de réflexion, le film de Billy Wilder.

