Erich Wolfgang Korngold
(1897-1957)
Tänzchen im alten Stil
Date de composition : 1918 (orchestre de chambre. 1919 (orchestre symphonique)
Date de création : 10 juillet 2007 dans le cadre du Festival des Arts de Jyväskylä par le Sinfonia de Jyväskylä dirigé par John Storgards.
La musique de Korngold nous plonge dans la beauté du dernier romantisme, celui de la Vienne d’avant 1914, qui porta les débuts si prometteurs du jeune Erich Korngold. En 1906, le célèbre critique musical Julius Korngold sollicita une audition pour son fils – le jeune Erich Wolfgang alors âgé de 9 ans – auprès du directeur de l’Opéra de Vienne. Gustav Mahler écouta l’enfant jouer l’une de ses partitions et s’exclama : « un génie ! » Il le recommanda auprès d’Alexander von Zemlinsky.
Dès 1920, les opéras de Korngold, dont le plus célèbre, Die tote Stadt, étaient donnés sur les plus grandes scènes d’Europe. Artur Schnabel, Alfred Cortot, Arthur Nikisch, Fritz Kreisler furent quelques-uns des interprètes de sa musique de chambre et pour le piano. Au début des années trente – et à l’instar de bien d’autres artistes d’origine juive – Korngold fut contraint à l’exil. Il suivit Max Reinhardt à Hollywood, entamant ainsi une collaboration extraordinaire avec les Studios de la Warner Bros. Sa prodigieuse contribution au cinéma américain altéra son souvenir dans l’Europe de l’après-guerre, alors dominée par l’avant-garde. Celle-ci ne lui pardonna jamais le mélange des genres et la promiscuité avec le Septième Art. Une promiscuité jugée comme une perversité du post-romantisme, alors abhorré. Korngold ne fit rien pour atténuer le jugement de certains de ses confrères : « je n’ai jamais fait de différence entre la musique de film, d’opéra ou de concert ! »
Bien que daté de 1919, Tänzchen im alten Stil (littéralement Petite danse dans le style ancien) n’a été créé qu’en 2007. Il s’agit de petites valses dans l’esprit viennois, teintées d’humour et laissant habilement une certaine liberté aux solistes. Celles-ci évoluent entre deux époques, entre le souvenir de Brahms et du dernier post-romantisme viennois, celui de Richard Strauss et de Gustav Mahler.
Ces danses se situent entre la musique de scène de Much Ado About Nothing composée par Korngold et la révélation de son opéra Die tote Stadt de Korngold. La maîtrise de l’écriture est d’autant plus extraordinaire que l’orchestre demeure assez modeste quant à sa nomenclature.