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Suite Im Walde op.50 – David Popper

David Popper    

(1843-1913)

Suite Im Walde op.50

 

Date de composition : 1882

Date de création : inconnue

 

I. Eintritt (entrée)

II. Gnomentanz (danse des gnomes)

III. Andacht (recueillement)

IV. Reigen (ronde)

V. Herbstblume (fleur d’automne)

VI. Heimkehr (retour au pays)

 

Durant la seconde moitié du 19e siècle, David Popper fut dénommé le « Roi des violoncellistes ». Né à Prague, ce fils d’un cantor de synagogue devint, très tôt, un musicien prisé des cours allemandes. Sur la recommandation du pianiste et chef d’orchestre Hans von Bülow, il fut engagé comme soliste à l’Orchestre et à l’Opéra de Vienne. Par la suite, il mena une carrière de soliste indépendant, se produisant sur la plupart des scènes européennes. En 1886, à la demande de Franz Liszt, il accepta un poste d’enseignant au Conservatoire de Pest. Il devint membre du Trio Hubay et se produisit régulièrement avec Johannes Brahms au piano. Il fut proche de ce dernier, mais aussi de Liszt, Bruckner, Grieg, Tchaïkovski, Wagner et de bien d’autres compositeur de son temps. De fait, sa notoriété fut considérable dans toute l’Europe, non seulement en tant que soliste, mais aussi en tant que professeur. En effet, il forma plusieurs générations de violoncellistes.

« Pour orchestre avec violoncelle solo obligato » est-il précisé sur la partition de Im Walde dont la forme est celle d’une suite concertante. Ce sous-titre est identique à celui du Don Quichotte de Richard Strauss et tout comme dans cette œuvre, Popper peint en musique, l’image du héros romantique. Toutefois, chez Popper, le héros n’est pas susceptible d’accomplir des prouesses. Son action s’inscrit dans une démarche plutôt rousseauiste, qui consiste à être inspiré par la nature alors qu’il est rejeté par la société.

Dans le premier mouvement, Entrée (Eintritt), l’auditeur est au cœur d’une forêt. L’atmosphère et les harmonies sont wagnériennes, celles par exemple de Siegfried Idyll. Le « héros » découvre une Danse de gnomes (Gnomentanz), chorégraphie échevelée et passablement inquiétante. Quelques sonneries d’orgues en imitation puis les clarinettes et les cordes introduisent le Recueillement (Andacht).  Le héros poursuit son chemin, croise des personnages qui ont peut-être l’allure de fées et qui dansent une Ronde (Reigen). L’écriture est légère et scintillante. Fleur d’automne (Herbstblume) est le mouvement le plus bref, mais délicat en raison des changements de rythmes. Après son périple, le héros revient enfin au pays (Heimkehr), célébrant joyeusement son arrivée, les derniers accords évoquant notre personnage mettant pied à terre.