Wojciech Kilar
(1932-2013)
Orawa pour cordes
Date de composition : 1986
Date de création : 1986
Formé à Katowice, le compositeur polonais a étudié à la fin des années cinquante, à Paris, auprès de Nadia Boulanger. Son parcours est atypique, tout comme celui de ses deux illustres confrères, Henryk Gorecki et Krzystof Penderecki. En effet, il gagne sa notoriété internationale grâce au Septième Art. Reconnu d’abord comme compositeur de musique de films, il écrit plus d’une centaine de partitions pour des réalisateurs tels que Krzystof Kieslowski, Andrzej Wajda, mais aussi Francis Ford Coppola, Roman Polanski, Jane Campion. Son écriture musicale capte la dramaturgie des images. Les œuvres du répertoire “classique” passent alors au second plan.
Les musiques du Roi et l’Oiseau de Paul Grimault, chef-d’œuvre du film d’animation, ou du Pianiste de Roman Polanski témoignent d’une sensibilité et d’une intelligence particulières. Bien qu’il ait suivi, en 1957, les cours d’été de Darmstadt et qu’il ait été attiré par les courants sériels et postsériels de l’après-guerre, Wojciech Kilar ne s’est jamais reconnu dans l’avant-garde de l’époque. Son écriture reste fondamentalement tonale, d’une tonalité parfois très “élargie”. Au fil du temps, il recherche une certaine forme de simplicité, ralliant les courants minimalistes et répétitifs. À ces caractéristiques s’ajoute une attirance pour les chants et danses folkloriques, mais aussi pour la musique religieuse. La foi et l’expression d’une mémoire nationale demeurent deux composantes essentielles de la pensée artistique polonaise.
A partir des années 2000, la production de Wojciech Kilar se concentre sur la musique pure. Il livre une série de pièces en quête de spiritualité : Missa pro pace (2000), Lament (2003), Magnificat (2006), Symphonie n°5 de L’Avent (2007), Te Deum, Veni Creator (2008).
Les partitions antérieures à cette période ont été la plupart du temps destinées à des formations de chambre plus ou moins importantes à l’instar d’Orawa.
La ligne mélodique et la structure rythmique reposent sur des danses populaires, un folklore de montagnards emprunté à la culture polonaise du début du 20e siècle. Le compositeur en situe la source dans les Tatras, la chaîne de montagnes qui sépare la Pologne de la Slovaquie.
La pièce débute par une pulsation ininterrompue, de plus en plus violente et saccadée. Après un sommet d’intensité et une brève respiration, la musique s’emballe à nouveau jusqu’à un paroxysme d’intensité, ponctué par le cri des interprètes. Comme une délivrance. Cette œuvre connaît divers arrangements notamment pour quatuor à cordes, ensemble de saxophones, de violoncelles, etc.