Ceiri Torjussen
(1976)
Knife Good, Crayons Bad
My One and Only Love
Final Run
Date de composition : 2021 (Knife Good, Crayons Bad), 1999 (My One and Only Love), 2021 (The Bombardment)
Création des versions initiales des extraits lors de la diffusion des films. Création mondiale des versions arrangées pour orchestre, le 19 février 2026 à Rennes par l’Orchestre national de Bretagne dirigé par Grant Llewellyn.
D’origine galloise et vivant à Los Angeles, Ceiri Torjussen a acquis une notoriété internationale grâce aux musiques de film, de séries, de documentaires et de films d’animation (The Bombardment, Delhi Crime, Nightwatch 2, Hitman…). Parallèlement à ses activités liées à l’image et d’orchestrateur, il possède un catalogue de musiques dédiées au concert dont certaines sont de nature expérimentale. Récipiendaire de prix internationaux dont un Emmy Award, il évoque les trois pièces orchestrées qui sont données en première mondiale.
Ces trois partitions destinées à des films ont été composées à divers moments de votre carrière. Pour autant, ce sont des versions nouvelles que nous découvrons…
En effet, elles ont toutes été adaptées pour le concert et sont données pour la première fois dans leur nouvel arrangement.
Knife Good, Crayons Bad a été composé à l’origine pour trois instruments à cordes. J’ai réalisé l’orchestration de cet extrait d’American Night, un film de gangsters réalisé par Alessio della Valle. La musique évoque la scène – un flashback – dans laquelle le père du gangster parle à son fils en lui demandant de renoncer à ses activités. J’ai créé une ambiance nostalgique, avec des harmonies romantiques.
La musique de My One and Only Love est d’une tout autre nature. Il s’agit d’une sorte de ballade de jazz à la John Coltrane composée à la fin des années quatre-vingt dix. C’est presque une recomposition car la partition originale était pour grand orchestre à cordes.
Enfin, Finale Run est extrait du film The Bombardment (Skyggen i mit øje), un long-métrage qui évoque un bombardement allié au Danemark à la fin de la guerre. Une erreur de bombardement de la RAF cause la destruction d’un orphelinat. La musique évoque la fin du film lorsqu’une femme traverse en courant la ville. La musique a été composée conjointement avec Marco Beltrami et Buck Sanders. Elle fut à l’origine pour hornpipe et cordes, le hornpipe étant à la fois un instrument de musique à une seule anche et une danse irlandaise. Elle a été mixée en studio avec un ordinateur. La musique que nous entendons est l’orchestration de la mélodie, le son du hornpipe étant confié aux cuivres de l’orchestre.
De quelle manière l’écriture pour l’image modifie-t-elle votre approche de vos compositions dédiées au concert ?
C’est en vérité plutôt l’inverse qui se produit à savoir que ce sont mes compositions “classiques” qui finalement influencent mes pièces dédiées à l’image. Depuis quinze ans, je travaille énormément pour le cinéma et la télévision et j’aurais aimé consacrer davantage de temps pour l’écriture dédiée au concert. En fait, toutes les influences se combinent dans mon écriture. Je suis à l’affût de tous les sons et j’ai toujours besoin de découvrir de nouveaux espaces sonores même si certains compositeurs me marquent comme, par exemple, György Ligeti et Thomas Adès. Quand vous composez des musiques de films, le spectre de vos influences est infini.
La musique de film nécessite aussi un efficacité temporelle extrême puisque toute musique est calculée à la seconde près, sur les images…
Ce sont deux univers séparés pour lesquels la notion de temporalité est totalement différente. Les souhaits du réalisateur du film, le seul décideur impose, au finale, la forme de la pièce. Mais, si je compose à partir d’un poème comme c’est le cas aujourd’hui, ce n’est plus seulement la voix qui me guide, mais ce sont les mots, leurs rythmes, leurs couleurs.