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Kaléidoscope, Six courtes pièces pour petit orchestre op.19a – Miklós Rózsa

Miklós Rózsa

(1907-1995)

Kaléidoscope, Six courtes pièces pour petit orchestre op.19a

 

Date de composition : 1946 (version original pour piano) ; 1957 (version orchestrée)

Date de création : 1957

 

I. Marche

II. Zingara

III. Musette

IV. Berceuse

V. Carillon chinoise

VI. Burlesque

 

Au même titre que Nino Rota, Erich Wolfgang Korngold, Bernard Herrmann et John Williams, le hongrois Miklós Rózsa a affirmé dans ses écrits, une passion pour communiquer avec autrui grâce à la musique : « j’ai toujours essayé d’exprimer les sentiments humains et de défendre les valeurs humaines et pour ce faire, il ne m’a jamais semblé nécessaire de m’écarter des sentiers de la tonalité. »

Pianiste à l’origine, Rózsa étudie la musique à Budapest. Enfant surdoué, il dirige quelques concerts puis étudie la composition en autodidacte. Il parfait sa formation à Leipzig ainsi qu’à l’Ecole normale de musique de Paris. Dans les années trente, ses première partitions pour orchestre attirent des chefs prestigieux. C’est à l’occasion d’une rencontre avec le compositeur Arthur Honegger qu’il décide de composer pour le cinéma. Il s’installe à Londres et livre ses premières musiques de film. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il part à Hollywood. Ses musiques connaissent un succès fulgurant : Le Voleur de Bagdad (1940), Le Livre de la jungle (1942), Assurance sur la mort (1944), Ivanhoé (1952), Ben Hur (1959)… En tout, une centaine de musiques de film, des années trente au début des années quatre-vingts.

 

En 1946, il compose une charmante suite pour piano, Kaléidoscope, petite parenthèse entre des productions pour grand orchestre. Autant de miniatures que Rózsa dédie à ses propres enfants, Nicholas et Juliet. Onze ans plus tard, il orchestre ces pièces. Si l’écriture originale joue pleinement de la percussivité du piano, l’orchestration est d’un esprit plus proche du divertissement.

La Marche portée par la caisse claire et les vents offre à cette page sans arrière-pensée, une allure néo-classique, presque stravinskienne. Zingara nous conduit dans l’univers du ballet russe avec un violon solo qui se souvient parfois du Shéhérazade de Nikolaï Rimski-Korsakov ! Charmante danse paysanne, Musette a le parfum du folklore de certaines pages de Zoltan Kodaly. La Berceuse, suave et lyrique évoque quelque dialogue amoureux des scènes hollywoodiennes. Très ravélien dans l’âme, le Carillon chinois prête à sourire. Enfin, d’un élan robuste, Burlesque offre un finale aussi enjoué que d’une parfaite efficacité.