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Danses symphoniques de West Side Story – Leonard Bernstein

Leonard Bernstein

(1918-1990)

Danses symphoniques de West Side Story

 

Date de composition : 1957 (comédie musicale). 1961 (danses symphoniques)

Date de création de la comédie musicale : 26 septembre 1957 au Winter Theatre de Broadway. Date de création des Danses symphoniques : 13 février 1961 au Carnegie Hall de New York par l’Orchestre philharmonique de New York dirigé par le compositeur.

 

I. Prologue (allegro moderato)

II. Somewhere (adagio)

III. Scherzo (vivace e leggiero)

IV. Mambo (meno presto)

V. Cha-Cha (andantino con grazia)

VI. Meeting Scene (meno mosso)

VII. Cool – Fugue (allegretto)

VIII. Rumble (molto allegro)

IX. Finale (adagio)

 

La musique de Leonard Bernstein prend toute sa dimension dans l’évocation de New York comme les images de la ville s’impriment dans la caméra de Woody Allen. La musique de West Side Story ne pouvait surgir ailleurs que dans cette ville et sous la plume de l’un des premiers musiciens “classiques” nés sur le sol américain. L’œuvre dévoile une idée bien précise de l’Amérique et plus encore d’une ville idéalisée, monstrueuse et attirante à la fois. Le théâtre, le ballet, l’opéra et le concert fusionnent dans l’originalité de l’écriture de Bernstein. On la reconnaît immédiatement, dès les premières mesures, en raison de sa force rythmique et du métissage de ses couleurs.

 

Aux côtés du chorégraphe Jerome Robbins, Bernstein exploite dans West Side Story plusieurs expressions artistiques : la chorégraphie, le chant et la musique sur scène puis au cinéma.

La guerre entre les clans des “Jets” et des “Sharks” a marqué plusieurs générations d’auditeurs. L’amour shakespearien transposé au 20e siècle, la violence urbaine, le naturel de la prestation de Natalie Wood et de George Chakiris ont amplifié le mythe. Aujourd’hui encore, le ballet de Jerome Robbins nous sidère par son adéquation à la musique, la pertinence entre les couleurs, les mouvements et les sons.

Les Danses symphoniques composées à partir du matériau du ballet évoquent, par des éclairs successifs, le parfum sulfureux de la rue éclairée par un raffinement orchestral exceptionnel. Bernstein utilise toute la palette de l’orchestre symphonique moderne dans lequel il distille le jazz idiomatique et une infinité de couleurs latines.

Les idées thématiques sont traitées en neuf tableaux. Leur agencement met en lumière les leitmotive attribués à chaque personnage. La concentration de l’action scénique crée un tout organique d’une grande efficacité.

Le Prologue montre la rivalité croissante entre les Jets et les Sharks. Somewhere s’apparente à un instant de répit et de complicité entre les ennemis. Le Scherzo élargit l’espace sonore comme si la ville s’ouvrait progressivement vers d’autres horizons, évoquant le passé du Far West et une paix illusoire. Mambo déchaîne la violence bouillonnante contrastée par le Cha-Cha des amoureux en quête d’intimité. Ils se découvrent dans Meeting Scene (la scène de la rencontre). Puis, la menace des Jets se fait plus précise et insidieuse avec “Cool”, Fugue. Rumble traduit la scène de la bataille de rue entre les deux bandes rivales. Elle se solde par la mort des deux chefs. Le Finale reprend le thème de l’amour transfiguré par le climat de procession qui accompagne cette tragédie de l’amour.